DYS, TDAH : faut-il réviser avant la rentrée scolaire ?
À quelques jours de la rentrée, de nombreux parents se posent la même question : faut-il faire réviser son enfant avant la reprise de l’école ?
Pour un enfant DYS ou TDAH, la réponse mérite d’être nuancée. Après plusieurs semaines de vacances, il peut être utile de réactiver doucement certaines habitudes scolaires. Mais transformer les derniers jours d’août en programme intensif de révisions risque surtout de créer de la fatigue, du stress et parfois même un rejet du travail scolaire.
L’objectif n’est donc pas de « rattraper » les vacances, mais plutôt de préparer progressivement le cerveau à reprendre un rythme d’apprentissage.
Les vacances ont aussi une fonction essentielle
Les vacances permettent à l’enfant de se reposer, de jouer, de bouger, de découvrir d’autres activités et de sortir momentanément des exigences scolaires.
Pour les élèves DYS ou TDAH, cette coupure peut être particulièrement importante. Pendant l’année scolaire, certaines tâches leur demandent beaucoup plus d’efforts qu’à d’autres enfants : lire, écrire, rester attentif, organiser son travail, mémoriser une consigne ou encore gérer son matériel.
Il est donc normal qu’un enfant ait besoin d’une véritable période de récupération.
Quelques jours avant la rentrée, il ne s’agit pas de recréer l’école à la maison, mais de remettre progressivement en route certaines habitudes.
Est-il normal d’avoir oublié certaines choses pendant les vacances ?
Oui.
Après plusieurs semaines sans entraînement, un enfant peut sembler avoir oublié certaines règles de grammaire, certaines tables de multiplication ou certains automatismes en lecture.
Cela ne signifie pas nécessairement que les acquis ont disparu.
Le cerveau a simplement besoin d’un petit temps de réactivation. Les connaissances déjà travaillées reviennent généralement plus rapidement qu’un apprentissage entièrement nouveau.
Chez certains enfants DYS ou TDAH, cette sensation de « perte d’acquis » peut être plus visible parce que l’accès aux connaissances est parfois moins automatique.
Il est donc préférable d’observer les premières semaines de reprise avant de conclure trop rapidement à une difficulté.
Réviser avant la rentrée : oui, mais autrement
Quelques activités très courtes peuvent être utiles durant la dernière semaine des vacances.
L’objectif est surtout de réhabituer l’enfant à mobiliser son attention pendant quelques minutes.
Par exemple :
- lire quelques pages d’un livre choisi par l’enfant ;
- écrire une carte postale ou quelques phrases sur les vacances ;
- jouer avec les tables de multiplication ;
- faire un petit jeu de calcul mental ;
- résoudre des énigmes ;
- raconter oralement une activité réalisée pendant les vacances ;
- jouer à des jeux de société mobilisant mémoire, attention ou stratégie.
Pour un enfant TDAH, des séances de 10 à 15 minutes peuvent largement suffire.
Il vaut mieux une courte activité réussie qu’une longue séance qui se termine dans la tension.
Le plus important avant la rentrée n’est pas forcément scolaire
À quelques jours de la reprise, certains préparatifs peuvent être plus utiles qu’une série d’exercices.
Reprendre progressivement les horaires
Pendant les vacances, l’heure du coucher et du réveil se décale souvent.
Quelques jours avant la rentrée, retrouver progressivement des horaires plus proches du rythme scolaire permet de réduire la fatigue des premiers jours.
Préparer le matériel
Pour certains enfants DYS ou TDAH, l’organisation représente une véritable difficulté.
Préparer ensemble le cartable, les trousses ou les cahiers peut être l’occasion d’anticiper la rentrée sans pression.
Il est également possible de réfléchir à des repères simples :
- une place fixe pour le cartable ;
- un endroit précis pour les devoirs ;
- une pochette pour les documents à faire signer ;
- une routine pour préparer les affaires du lendemain.
Ces petits systèmes peuvent éviter beaucoup de tensions au cours de l’année.
Pour les enfants TDAH : préparer surtout les fonctions exécutives
Le TDAH ne concerne pas uniquement l’attention.
Les enfants peuvent également rencontrer des difficultés dans ce que l’on appelle les fonctions exécutives : commencer une tâche, planifier, gérer son temps, mémoriser une consigne, résister aux distractions ou passer d’une activité à une autre.
Avant la rentrée, il peut donc être particulièrement utile de remettre en place quelques routines simples.
Par exemple :
« Je rentre à la maison → je pose mon cartable → je prends mon goûter → je fais une pause → je regarde ce que j’ai à faire. »
Ces routines diminuent le nombre de décisions que l’enfant doit prendre et facilitent progressivement son autonomie.
Et pour les enfants DYS ?
Pour un enfant dyslexique, dysorthographique ou présentant d’autres troubles spécifiques des apprentissages, il peut être intéressant de conserver un contact léger avec les compétences scolaires pendant l’été.
Mais là encore, la quantité est moins importante que la qualité.
Un enfant dyslexique qui lit dix minutes un livre qu’il apprécie bénéficie souvent davantage de cette activité qu’en étant obligé de lire plusieurs pages d’un texte qui le met en difficulté.
Il est également possible de passer par l’oral, les livres audio ou les jeux.
L’objectif est de continuer à nourrir la curiosité et le plaisir d’apprendre.
Attention à ne pas transformer les révisions en source de conflit
À l’approche de la rentrée, certains parents peuvent être tentés d’augmenter brutalement la quantité de travail.
Pour un enfant qui rencontre déjà des difficultés scolaires, le message peut involontairement devenir :
« Tu dois travailler davantage parce que tu n’es pas au niveau. »
Or quelques jours de révisions ne suffiront pas à résoudre une difficulté installée depuis plusieurs mois.
Lorsqu’un enfant travaille beaucoup sans parvenir à progresser, la question n’est d’ailleurs pas toujours : « travaille-t-il suffisamment ? »
Il peut être plus pertinent de se demander :
- sait-il comment apprendre une leçon ?
- comprend-il réellement les consignes ?
- arrive-t-il à organiser son travail ?
- sait-il repérer les informations importantes ?
- dispose-t-il de stratégies adaptées à son fonctionnement ?
C’est précisément sur ce type de compétences qu’un accompagnement en psychopédagogie peut intervenir.
La rentrée : un bon moment pour observer
Les premières semaines de septembre permettent souvent d’identifier les difficultés qui reviennent.
Votre enfant peut par exemple :
- mettre énormément de temps à commencer ses devoirs ;
- oublier régulièrement ses affaires ;
- ne pas réussir à apprendre ses leçons seul ;
- lire correctement mais ne pas comprendre ce qu’il vient de lire ;
- connaître une leçon mais ne plus retrouver les informations au moment de l’évaluation ;
- se décourager rapidement face à une tâche scolaire.
Il ne s’agit pas nécessairement d’un manque de travail ou de motivation.
Ces difficultés peuvent être liées aux apprentissages, à l’attention, à la mémoire de travail, à l’organisation ou aux stratégies utilisées par l’enfant.
Quand consulter un psychopédagogue ?
La psychopédagogie ne consiste pas uniquement à aider l’enfant à faire ses devoirs.
Elle cherche à comprendre comment il apprend, ce qui le freine et quelles stratégies peuvent lui permettre de devenir progressivement plus autonome.
Un psychopédagogue à Paris, par exemple, peut accompagner un élève DYS ou TDAH sur différents axes : compréhension des consignes, méthodes de mémorisation, organisation, attention, fonctions exécutives, confiance en soi ou encore remédiation en français.
L’objectif est de proposer des outils adaptés au fonctionnement de l’enfant afin qu’il puisse mieux comprendre ses propres stratégies d’apprentissage.
En résumé : faut-il réviser avant la rentrée ?
Oui, mais avec modération.
Quelques jours avant la reprise, le plus utile est souvent de :
- reprendre progressivement les horaires ;
- réintroduire de courtes activités de lecture ou de calcul ;
- préparer le matériel ;
- remettre en place certaines routines ;
- parler positivement de la rentrée ;
- observer les éventuelles difficultés sans dramatiser.
Pour un enfant DYS ou TDAH, la rentrée ne devrait pas commencer par un marathon de révisions.
L’objectif est plutôt de lui permettre de reprendre progressivement un rythme, des repères et une confiance dans sa capacité à apprendre.
